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bonjour, j’ai un problème, je devrais me faire opérer de la cataracte, mais, voila, je ne vois que d’un œil suite à un accident de travail en 1953 perforation de la cornée, quel risque je prend pour me faire opéré de la cataracte.. Je vous remercie de renseigner. sincères salutations.
marc.normand5@orange.fr
Bonjour,
Merci pour votre message, et votre inquiétude est parfaitement légitime : quand un seul œil est fonctionnel, chaque décision prend évidemment une autre dimension.
Voici ce que l’on peut dire de manière générale.
La chirurgie de la cataracte est aujourd’hui l’une des interventions les mieux maîtrisées : elle se pratique sous anesthésie locale, en ambulatoire, en une quinzaine de minutes, et les complications graves menaçant la vision restent rares. Le fait d’être borgne ne rend pas l’opération plus risquée sur le plan technique — l’œil à opérer est un œil comme un autre.
Ce qui change, c’est l’enjeu, pas le risque. C’est précisément pour cette raison que les chirurgiens entourent ces situations de précautions particulières : bilan pré-opératoire plus poussé (mesures biométriques, examen de la cornée et de la rétine, OCT maculaire), et souvent intervention confiée à un chirurgien expérimenté, dans une structure adaptée. Cette prudence n’est pas le signe d’un danger, mais d’une exigence supplémentaire.
Il faut aussi mettre l’autre plateau de la balance : la cataracte évolue toujours vers l’aggravation. Une cataracte trop dense devient plus difficile à opérer et le résultat est moins bon. Attendre par crainte n’est donc pas une option neutre — c’est un risque en soi.
Un point mérite d’être vérifié avec votre chirurgien : le retentissement de votre lésion cornéenne de 1953. S’agissait-il du même œil ou de l’autre ? S’il s’agit de l’œil à opérer, l’état de la cornée (comptage des cellules endothéliales, transparence, régularité) influence à la fois la technique et le résultat visuel attendu.
Mes conseils concrets : demandez explicitement à votre chirurgien combien d’interventions il réalise par an, quelle est sa stratégie pour un patient monophtalme, et quel résultat visuel il estime réaliste dans votre cas précis. Un bon chirurgien répondra volontiers à ces questions. Et si vous restez hésitant, un deuxième avis est tout à fait légitime — personne ne s’en formalisera.
Bien cordialement,
Ophtalmologie Paris Est