La dégénérescence maculaire liée à l’âge ou DMLA touche environ 8 % de la population française, en faisant la première cause de perte de vision chez les personnes de plus de 50 ans avec une part d’hérédité. Beaucoup de patients s’interrogent avec inquiétude : la DMLA est-elle héréditaire ? La réponse des spécialistes du Centre Ophtalmologie Paris Est s’avère nuancée.
DMLA et hérédité : une prédisposition, pas une fatalité
La DMLA n’est pas une maladie héréditaire au sens classique du terme. En effet, elle ne se transmet pas automatiquement d’un parent à son enfant comme certaines pathologies monogéniques. En revanche, elle possède une forte composante génétique. Avoir un parent au premier degré atteint (père, mère, frère ou sœur) multiplie le risque par 4 en moyenne.
La recherche a identifié plusieurs gènes de susceptibilité, notamment les gènes CFH et ARMS2, impliqués dans la régulation du système immunitaire et du métabolisme cellulaire rétinien. Hériter de ces variants ne signifie toutefois pas que la maladie surviendra. On parle de terrain génétique favorable : les gènes créent une vulnérabilité pour la DMLA. En revanche, ce sont souvent les facteurs environnementaux qui déclenchent la maladie.
Les principaux facteurs de risque de la DMLA hors hérédité
Les causes de la DMLA restent multifactorielles. Les facteurs de risque de la DMLA se répartissent en deux catégories.
Facteurs non modifiables
- L’âge : la DMLA chez les personnes âgées de plus de 75 ans touche 25 à 30 % d’entre elles.
- Les antécédents familiaux : un risque multiplié par 4 avec un parent atteint.
- Les yeux clairs et la peau claire, associés à une sensibilité accrue aux rayonnements.
Facteurs modifiables
- Le tabac : facteur aggravant majeur, il multiplie le risque par 3 à 6. L’arrêt du tabac est la mesure préventive la plus efficace.
- L’alimentation : un apport insuffisant en oméga-3, lutéine ou zéaxanthine fragilise la rétine.
- L’obésité et l’hypertension artérielle : ces maladies métaboliques doublent quasiment le risque de DMLA.
- L’exposition aux UV sans protection solaire adaptée.
DMLA sèche ou humide : deux formes distinctes
Il existe deux formes de la maladie, pouvant se traiter parfois par des injections dans le vitré. La DMLA sèche (atrophique) représente environ 80 % des cas. Elle évolue lentement avec une dégénérescence progressive des cellules maculaires. La DMLA humide (exsudative) est plus rare mais plus agressive. Elle se caractérise par la formation de néovaisseaux anormaux sous la rétine, pouvant provoquer une perte de vision rapide. Elle est responsable de 90 % des cas de cécité liée à la DMLA.
Reconnaître les symptômes au début de la DMLA
Les symptômes au début de la DMLA sont souvent discrets. Soyez attentif aux signes suivants, en les distinguant notamment des symptômes de la cataracte, fréquents avec l’âge :
- Déformation des lignes droites (métamorphopsies)
- Baisse de la perception des contrastes
- Difficulté à lire malgré une correction adaptée
- Apparition d’une tache sombre au centre du champ visuel
- Gêne en vision nocturne
L’autosurveillance à l’aide de la grille d’Amsler, en testant chaque œil séparément, permet de repérer ces anomalies précocement. Il est alors possible à un spécialiste de proposer au plus vite le meilleur traitement de la DMLA humide ou sèche possible.
Comment diagnostiquer la DMLA et qui consulter
Vous vous demandez qui consulter pour une DMLA ? Un ophtalmologiste spécialisé en pathologies rétiniennes à Paris est votre interlocuteur. Pour diagnostiquer la DMLA, il réalise un examen du fond d’œil avec dilatation pupillaire et un OCT (tomographie par cohérence optique), un scanner rétinien indolore et rapide qui détecte les signes précurseurs avant toute gêne visuelle. Une angiographie peut compléter le bilan si nécessaire.
Nos spécialistes de la rétine disposent de l’ensemble de ces équipements avec un plateau technique complet pour un bilan rétinien complet. Nous vous invitons à prendre rendez-vous dès 50 ans si vous présentez des antécédents familiaux.
Prévenir la DMLA et ralentir son évolution
Même avec une prédisposition génétique, il est possible de prévenir la DMLA ou d’en freiner la progression. L’arrêt du tabac, une alimentation riche en légumes verts, poissons gras et antioxydants, le port de lunettes de soleil avec filtre UV et le contrôle du poids sont des leviers concrets. Concernant les traitements de la DMLA, les injections intra-vitréennes permettent de stabiliser la forme humide, tandis que des supplémentations spécifiques ralentissent l’évolution des formes intermédiaires.
Vivre avec la DMLA implique un suivi régulier, une adaptation du quotidien et un accompagnement médical adapté. La vision périphérique étant préservée, des solutions de rééducation basse vision existent.
Questions fréquentes
La DMLA peut-elle toucher les deux yeux en même temps ?
La DMLA peut atteindre les deux yeux, mais pas nécessairement de manière simultanée ni avec la même sévérité. Lorsqu’un œil est atteint, le risque que le second œil soit touché augmente significativement, ce qui justifie une surveillance renforcée des deux yeux.
Un test génétique permet-il de prédire la DMLA ?
Des gènes de susceptibilité comme CFH et ARMS2 ont été identifiés, mais les tests génétiques ne sont pas utilisés en pratique courante pour prédire la maladie. L’examen clinique régulier avec OCT reste la méthode de dépistage la plus fiable et la plus pertinente.
À partir de quel âge faut-il commencer le dépistage si un parent est atteint ?
Il est recommandé de consulter un ophtalmologiste pour un bilan rétinien complet dès 50 ans, voire plus tôt en cas d’antécédents familiaux marqués ou de facteurs de risque cumulés comme le tabagisme.






